Archive pour mars 2014

Exceptionnel ou sensationnel

Mardi 11 mars 2014

teratologie

Les genres se confondent. Quand on travaille dans un établissement qui organise des voyages médicaux, on s’intéresse forcément à l’actualité de la chirurgie esthétique. Qu’est-ce qu’on y trouve le plus souvent ? 3 types d’articles. Des articles sur l’éventualité qu’une star soit passée entre les mains d’un chirurgien. Des articles sur les ratés des interventions. Et enfin des articles sur ces personnes qui font plusieurs dizaines d’interventions.

Vous en trouverez des exemples ici, ici et . Sommes-nous au chapitre tératologie d’un livre de médecine ? Avons-nous la nostalgie de la monstruosité qu’avaient nos ancêtres au 19 e et au début du 20 e ? Pourquoi faut-il que cette discipline ne soit évoquée que sous l’angle de l’étrangeté, du tabou, du secret ?

Je crois qu’il y a une confusion entre l’exceptionnel et le sensationnel. C’est le deuxième terme que visent les médias qui publient ce genre d’articles. Un corps déformé, hyper transformé ou la nécessité d’un recours à une intervention pour une célébrité constituent des pièces de choix pour attirer le lecteur.

On fait mine d’oublier que la dysmorphophobie, le mimétisme pathologique et la consultation du chirurgien à la mode pour un lifting de rajeunissement sont des événements infinitésimaux dans le flot d’interventions qui sont pratiquées chaque jour dans le monde. Rien qu’en France, depuis janvier, nous en sommes déjà à  plus de 190 000, vous pouvez imaginer ce qu’il en est du reste du monde.

Tout cela tombe bien : le particulier qui marque fait règle et double son tirage avec l’énormité du propos. Comme si Madame Dupont ou Monsieur Ledoux avaient en tête de ressembler à Barbie ou à Ken en contactant Equilibre ou n’importe quelle autre organisation qui fait du séjour de médecine plastique ?

Soyons sérieux ou disons que les catalogues qui s’apparentent à de la mauvaise science des monstres ne sont proposés à la lecture publique qu’en raison de leur effet X files et peut-être de notre besoin reptilien de se faire peur.